La juste mesure

Les Misérables, de Victor Hugo – Tome IV • L’idylle rue Plumet et l’épopée rue Saint-Denis • Livre 3e – VIII La cadène. (extrait)

« Dans le peu de jour qu’il faisait, on ne voyait pas ces hommes, on les devinait. Vingt-quatre sur chaque voiture, douze de chaque côté, adossés les uns aux autres, faisant face aux passants, les jambes dans le vide, ces hommes cheminaient ainsi ; et ils avaient derrière le dos quelque chose qui sonnait et qui était une chaîne et au cou quelque chose qui brillait et qui était un carcan. Chacun avait son carcan, mais la chaîne était pour tous ; de façon que ces vingt-quatre hommes, s’il leur arrivait de descendre du haquet et de marcher, étaient saisis par une sorte d’unité inexorable et devaient serpenter sur le sol avec la chaîne pour vertèbre à peu près comme le mille-pieds. […] Continuer la lecture de La juste mesure

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Du plagiat, d’Hélène Maurel-Indart

Passionnant de bout en bout, comme un bon roman ; limpide et d’accès facile, l’essai d’Hélène Maurel-Indart s’adresse à un très large public.

Le Plagiat, définition :

  • Acte de quelqu’un qui, dans le domaine artistique ou littéraire, donne pour sien ce qu’il a pris à l’œuvre d’un autre.
  • Ce qui est emprunté, copié, démarqué.

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Haïku #8

Roulent les galets

sous les doigts de l’océan.

 Ronds dans ma paume.

 

©Marguerite Rothe septembre 2019

🌎Bonnes vacances à toutes et tous ! On se retrouve en septembre avec plein de trucs à (se) raconter !💙

Haïku #9

Noire est l’étoile

Ce chemin, ce chemin, ce…

Qu’est-ce, une illusion ?

 

©Marguerite Rothe 2019

Pudeur

« Au moment où elle fait son entrée dans l’histoire que nous racontons, c’était une vieille vertu, une prude incombustible, un des nez les plus pointus et un des esprits les plus obtus qu’on pût voir. Détail caractéristique : en dehors de la famille étroite, personne n’avait jamais su son petit nom. On l’appelait mademoiselle Gillenormand l’aînée.

En fait de cant, mademoiselle Gillenormand l’aînée eût rendu des points à une miss. C’était la pudeur poussée au noir. Elle avait un souvenir affreux dans sa vie ; un jour, un homme avait vu sa jarretière.

L’âge n’avait fait qu’accroître cette pudeur impitoyable. Sa guimpe n’était jamais assez opaque, et ne montait jamais assez haut. Elle multipliait les agrafes et les épingles là où personne ne songeait à regarder. Le propre de la pruderie, c’est de mettre d’autant plus de factionnaires que la forteresse est moins menacée. »

 

frises - bordures 2

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Les Misérables, de Victor Hugo – Fantine – Une tempête sous un crâne (extrait)

« Nous avons déjà regardé dans les profondeurs de cette conscience ; le moment est venu d’y regarder encore. Nous ne le faisons pas sans émotion et sans tremblement. Il n’existe rien de plus terrifiant que cette sorte de contemplation. L’œil de l’esprit ne peut trouver nulle part plus d’éblouissements ni plus de ténèbres que dans l’homme ; il ne peut se fixer sur aucune chose qui soit plus redoutable, plus compliquée, plus mystérieuse et plus infinie. Il y a un spectacle plus grand que la mer, c’est le ciel ; il y a un spectacle plus grand que le ciel, c’est l’intérieur de l’âme.

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