Les cerisiers du Japon, de YI Tae-jun

les cerisiers du Japon Yi Tae-JunPas mal de projets de lecture patientent sur l’une des étagères de ma bibliothèque ; le tour de ce recueil est enfin arrivé la semaine dernière, lui qui attendait depuis plusieurs mois que je m’empare de lui. Découvert l’année dernière sur le blog de Goran, je ne regrette pas d’en avoir fait l’acquisition, car quel joli plaisir de lecture ! Merci cher blogonaute !

Conquise dès les premières lignes du premier texte : L’histoire d’une rêveuse, et jusqu’à son achèvement, je décidais de lire ce recueil en petite vitesse ; ce serait donc une nouvelle chaque soir pour économiser mon plaisir, ou pour le faire durer, comme vous voudrez.

Les cerisiers du Japon est un livre d’atmosphère. La nature humaine y est exposée sans concession, avec lucidité, mais aussi avec beaucoup de distanciation et d’humanisme. J’ai envie de dire aussi : avec tendresse. Avec ces nouvelles, le lecteur occidental entre de plain-pied dans ce qu’était la culture coréenne avant la séparation du Nord et du Sud intervenue après la guerre de Corée (1950 – 1953).

Écrites à partir de 1915, ces onze courtes nouvelles nous apportent donc un éclairage sur la société coréenne de cette époque, c’est-à-dire, sous l’occupation japonaise. Ainsi, lisant Les cerisiers du Japon, outre la découverte d’un écrivain sensible, j’ai fait un voyage temporel et rencontré, pour une petite part, l’âme coréenne.

L’écriture de YI Tae-jun, est à la fois : sensible, mais sans mièvrerie, naturaliste, parfois poétique ; l’accord parfait pour une littérature de haut niveau. Ah, j’allais oublier : et tellement moderne ! Au point qu’emportée dans ma lecture, je n’ai eu à aucun moment l’impression d’être plongée dans une œuvre centenaire. La comparaison de l’œuvre de YI Tae-jun avec celle de Maupassant n’est pas surfaite, mais au contraire, largement méritée.

C’est une nuit calme sous une lune sereine.
En cette magnifique et paisible nuit, les feuilles sur les branches se font tristement leurs adieux en se dispersant.
Le vent, inlassablement, les fait rouler sur le sol.

Les cerisiers du Japon – Ombre – p.32

©Marguerite Rothe


Ce que dit l’éditeur

Tombée dans l’oubli après son passage en Corée du Nord peu avant la guerre de Corée, l’œuvre de YI Tae-jun récemment redécouverte figure désormais au rang de classique de la littérature coréenne du XXe siècle.

YI Tae-jun attache avec des mots les êtres et les choses qu’il veut garder auprès de lui : un couple qui quitte son village natal pour un avenir qu’il pense meilleur ; un écrivain entre deux âges qui trouve une seconde jeunesse grâce à sa rencontre avec l’une de ses jeunes lectrices…

L’auteur illustre à travers les récits de vie de ses contemporains une Corée partagée entre une douceur de vivre et les changements brutaux d’un pays à la recherche de sa modernité.


Biographie

Yi-Tae Jun écrivain coréen

YI Tae-jun

YI Tae-jun quitte la Corée du Sud et passe avec toute sa famille en Corée du Nord rejoindre le jeune régime communiste.

À la prestigieuse université Kim Il-seung de Pyongyang il était dit de lui : « En France, il y a Maupassant, en Russie Tchekhov, aux USA O’Reilly et en Corée YI Tae-jun ».

Cet auteur né en 1904 est devenu en Corée du Nord, un auteur de référence, avec une soixantaine de nouvelles et 18 romans. Il a disparu, inexplicablement, vers 1956.


Traduit par :

Kim Hye-Ryeon et Aurélie Gaudillat, avec le concours du :les cerisiers du Japon Yi Tae-Jun

Literature translation institue of Korea.

Genre : nouvelles

Nombre de pages : 203 pp.

Format électronique disponible.

ISBN : 9782367270043

Année de publication française : 2013

Prix : 15 € (mais bien moins cher d’occasion)

Éditions Decrescenzo


Pour aller un peu plus loin…

  • Le blog La bibliothèque de Glow propose une page où sont référencés des ouvrages coréens traduits en Français parus en France. Je ne sais pas si la liste est exhaustive, mais celle-ci est suffisamment importante et diversifiée pour satisfaire beaucoup de lecteurs intéressés par la littérature coréenne.
  • Le site Keulmadang est consacré à la littérature coréenne.
  • Toujours sur ce même site, une une chronique du recueil Les cerisiers du Japon.
  • Histoire de la Corée sur Wikipédia
  • Fiche Wikipédia de YI Tae-jun.
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2 réflexions sur “Les cerisiers du Japon, de YI Tae-jun

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